Tourner le regard vers son enfant intérieur pour retrouver le langage du cœur

Il arrive parfois que nous nous sentions éloignés de nous-mêmes, comme si quelque chose d’essentiel s’était doucement estompé avec le temps.

Les responsabilités, les rôles qu’il a fallu endosser, les expériences difficiles et les exigences du quotidien peuvent nous conduire à vivre davantage dans le mental que dans le cœur.
Peu à peu, certaines vies deviennent presque « automatisées », figées autour de mécanismes qui permettent d’avancer, mais qui nous éloignent de ce qui est profondément vivant en nous.

Et pourtant, une part de nous demeure intacte : celle de l’enfant intérieur.
Discrète mais active, elle continue souvent d’influencer silencieusement nos choix, nos relations et tisse les interférences dans toutes les facettes de nos vies.

L’enfant intérieur, une présence toujours vivante

Tourner réellement le regard vers son enfant intérieur n’est une démarche anodine car elle demande de détrôner le parent qui ne l’a pas fait ou n’a pu le faire suffisamment.

Se substituer à son parent à cette place devient alors une dualité souffrante qui demande parfois de regarder ce qui n’a pas été vu, entendu ou reconnu au moment où nous en avions le plus besoin.

La fidélité au clan familial et l’espoir que cette part d’amour ait pu être donnée d’une manière ou d’une autre vont longtemps manœuvrer l’absence à soi.

Toucher, regarder, parfois se désillusionner de son enfance, c’est briser un rêve d’enfant et craindre de perdre une identité.

Décider de se tourner vers cette part de soi est le début d’un équilibre délicat qui se dessine.

Regarder son enfance en adulte “conscient”, c’est parfois accepter de porter un regard nouveau sur ce qui a marqué  l’enfant que nous avons été et qui a faconné la suite de notre existence.

Cela peut faire vaciller certaines représentations, toucher une mémoire émotionnelle profonde et remettre en question des repères de construction.

Ces facettes de l’enfance influencent significativement notre manière de percevoir la vie, d’aimer et de réagir au monde et agissent tel un héritage émotionnel toujours actif.

Lorsque ces parts de nous restent ignorées, elles restent actives en coulisse et occasionnent des états émotionnels exacerbés dans notre quotidien :
tristesse diffuse, sentiment de solitude, culpabilité envahissante, difficulté à exprimer ses besoins, à dire non, peur du rejet, épisodes d’injustices, victimisation, difficulté à mettre des limites, peur du jugement ou sentiment de ne pas être digne d’être aimé…

Ces réactions ne sont pas des faiblesses. Elles peuvent être comprises comme des « messages » invitant à écouter ce qui n’a pas toujours pu être entendu ou percu à son véritable dégré.

Accueillir son enfant intérieur, c’est nouer un véritable lien de compassion pour soi, sans jugement, sans chercher à banaliser, ni à faire disparaître.

C’est aussi accepter que cette rencontre demande du temps, parfois autant de temps que celui durant lequel cette part de nous a été oubliée.

 

Apprendre un langage intérieur rarement transmis et priorisé

Que « l’enfant soit une personne » est une idée relativement récente à l’échelle de l’histoire humaine.

Pendant longtemps, l’enfant a surtout été considéré comme un être à éduquer, à corriger ou à parentifier.
La banalisation des pires traitements a souvent été passée sous silence et validée presque mécaniquement par l’inconscient collectif.
Les révélations récentes et croissantes autour des drames de l’enfance montrent l’ampleur tragique des cumuls de la loi du  silence.

L’enfance porte encore le besoin de reconnaissance de sa pleine souveraineté et sa soif d’équité.

Il va sans dire que nous avons hérité des souffrances visibles et invisibles qui n’ont pas été résolues dans l’enfance de nos parents ainsi que dans celles de nos ancêtres.

L’étendue de l’impact de ces héritages non traités n’a jamais été réellement conscientisée.
L’épigénétique est la nouvelle science qui étudie l’influence de ces cicatrices au niveau biologique.

Nous savons donc que ces mémoires de souffrance héritées peuvent continuer à se transmettre de générations en générations  tant qu’elles ne sont pas apaisées.

 

Dire à un enfant qu’on l’aime reste trés récent et encore parfois impudique.

Le langage du cœur est donc malappris depuis la nuit des temps et on comprendra que cette rééducation, bien que nécessaire, soit un chemin nouveau sans exemples sur lesquels s’appuyer réellement.

Même si le regard porté sur l’enfance a évolué de nos jours, chacun porte l’empreinte du contexte dans lequel il a grandi et a grandi sa lignée familiale.

Retrouver le langage du cœur peut alors ressembler à l’apprentissage d’un territoire intérieur peu exploré.

Il s’agit moins d’acquérir quelque chose de nouveau que de redécouvrir une capacité longtemps mise de côté.

Le langage du cœur : une clé oubliée

Ce langage rééducatif est celui de l’histoire d’une humanité façonnée à se détourner pensant que toute forme de fuite (professionnelle, affective, chimique, familiale, financière …) permettra de poursuivre l’aveuglement et sera la solution inébranlable.

Se rapprocher du langage du coeur demande souvent de déplacer le regard : chercher moins de réponses à l’extérieur et affiner davantage l’attention portée à ce qui se vit intérieurement.
 
C’est la passerelle pour reprendre la maîtrise de ses choix et affiner ses propres signaux d’alerte intérieurs, nécessaires à la confiance en soi.

L’enfant connaît naturellement ce langage.
Il « ressent avant de comprendre » et exprime avant de contrôler.

En grandissant, nous apprenons à contenir nos émotions, à être raisonnables, efficaces, adaptés et opérationnels.
Ces qualités sont précieuses, mais lorsqu’elles deviennent des protections rigides, elles peuvent nous éloigner profondément de nous.

Retrouver le langage du cœur, c’est réapprendre à écouter ce qui est vivant en nous : la joie simple, la créativité, l’intuition, la capacité d’émerveillement et le besoin d’authenticité.

C’est aussi accepter la vulnérabilité comme une dimension naturelle de l’existence.

Tourner le regard vers soi avec douceur

Se reconnecter à son enfant intérieur commence souvent par une attitude faite de patience, de bienveillance et d’indulgence.
Cette démarche ne demande pas de performance particulière, mais une présence sincère à soi-même.

Écouter ses émotions et ses blessures 

Plutôt que de repousser ce que l’on ressent ou de vouloir immédiatement le combattre ou le dépasser, il est possible de commencer par accueillir les émotions et les blessures telles qu’elles se présentent.

Derrière chaque émotion peut se trouver un besoin resté silencieux. Ce que nous évitons tend souvent à se répéter, alors que ce que nous accueillons peut progressivement se transformer.

Accepter de reconnaitre la souffrance est un processus qui avance rarement de manière linéaire.
Il se déploie souvent par étapes discrètes et demande une véritable compassion envers soi.

Parfois, ce chemin peut être accompagné par un professionnel qui soutient la mise en lumière de ce qui se vit intérieurement, tout en allant pacifier les empreintes laissées par l’histoire familiale.

Les liens de reprise des schémas de souffrances familiales, ainsi que les blessures vécues, étant reconnus, entendus, compris et accueillis, un processus de réconciliation peut alors s’installer progressivement, tel un souffle de libération.

Retrouver la spontanéité

Dessiner, écrire, chanter, danser, marcher dans la nature ou partager des moments simples avec des enfants permettent parfois de retrouver une forme de spontanéité.
Ces expériences ouvrent un espace où la sensibilité peut s’exprimer plus librement.

Retrouver le chemin du cœur

C’est :
. accepter que sa plus grande responsabilité est de s’aimer,
. bânir toute forme de culpabilité et de honte,

. s’accepter tel que nous sommes sans se juger,
. reconnaitre son droit à l’erreur,

. redonner une place à son être authentique,
. permettre à la sensibilité d’être une force plutôt qu’une fragilité,
. vivre avec davantage de conscience et sortir des dénis.

Retrouver le langage du cœur, c’est se relier à l’amour de soi et s’ouvrir à des possibilités de vie plus justes et plus favorables, pour soi comme pour les autres.

Tourner le regard vers son enfant intérieur n’est pas un retour en arrière.

C’est un mouvement vers soi, un chemin d’unification où l’adulte que nous sommes peut accueillir l’enfant qu’il a été et reconnaitre la réalité de son vécu :

une reconnaissance que nul autre que soi ne peut véritablement accomplir.

Florence Lautié

Thérapeute Energéticienne.
Fondatrice et Formatrice TLMC (Techniques Libératrices des Mémoires Corporelles et Transgénérationnelles).
Soins Collectifs Mémoires Cellulaires.
Accompagnement enfants.
Stages.
Retraites Spirituelles.
Tags :
Mémoire cellulaire
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Une réponse

  1. Je me rendais compte que mes relations sentimentales répétaient, encore et encore, le même schéma douloureux. Malgré des partenaires aux personnalités différentes, l’histoire semblait toujours se rejouer de la même manière.
    L’accompagnement de Florence m’a permis de mettre en lumière une blessure d’enfance, en lien avec mon père, qui influençait inconsciemment mes relations. En travaillant sur cette origine, j’ai pu peu à peu me libérer de ce schéma et avancer avec plus de conscience et de sérénité.

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